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Intervention mondiale face à la pandémie : Un message du CMFC et du Centre Besrour

Coronavirus or earth virus concept.The earth has been infected with a virus. COVID-19 (CORONA VIRUS) - stock illustration
Le Programme mondial de subventions pour contrer les impacts de la COVID 19 (SCI-COVID Monde) stimule les innovations en médecine de famille et en soins primaires dans les pays à faible ou à moyen revenu afin de réduire l’impact de la pandémie sur les communautés vulnérables, tout en orientant la planification et le déploiement de la médecine de famille à l’échelle mondiale.
Chers et chères collègues,

En 2020, le Centre Besrour pour la médecine familiale mondiale au Collège des médecins de famille du CanadaMD (CMFC), en partenariat avec la Fondation pour l’avancement de la médecine familiale (FAMF), a lancé le programme SCI-COVID Monde afin de stimuler les innovations en médecine de famille dans le monde.

Deux projets de la phase I ont été choisis pour remédier à une crise des soins aux patients causée par le bouleversement des systèmes de santé et des services communautaires durant la pandémie. Les projets sélectionnés viennent en aide aux patients atteints de maladies chroniques dans des communautés vulnérables en Indonésie et en Afrique du Sud.

Les résultats préliminaires indiquent que les deux projets permettent de renforcer les capacités, d’améliorer les soins aux patients et d’outiller les communautés grâce à des réseaux solides qui relient des équipes interdisciplinaires, les familles et la communauté au sens large. En mobilisant et en intégrant les ressources au sein de la clinique et à l’externe, ces projets soulignent la force du modèle du voisinage médical du patient, connu dans le monde entier sous le terme « soins primaires axés sur la communauté ».

Les leçons tirées de deux milieux aussi différents que l’Indonésie et l’Afrique du Sud sont remarquables par leur similitude, non seulement entre elles, mais aussi avec ce que l’on a appris des 15 projets menés au Canada lors de la phase I de SCI-COVID. Mis en œuvre dans différents contextes, tous les projets SCI-COVID font progresser les innovations dans la pratique, renforcent la continuité des soins, améliorent l’équité et intègrent les systèmes de santé. Ils démontrent tous que les médecins de famille et la médecine de famille sont effectivement des agents de changement.

Alors que nous entrons dans la troisième année de la pandémie et que le monde oscille entre la phase aiguë et la phase chronique de cette crise mondiale, nous sommes ravis de constater l’évolution des projets SCI-COVID Monde ainsi que les progrès d’innovations en médecine de famille que la phase II de SCI-COVID Monde (qui sera lancée en 2022) permettra de réaliser dans les pays à faible et à moyen revenu. Nous pensons qu’il est impératif de développer davantage les modèles d’équipes de médecine de famille pour combattre les effets de la pandémie, notamment sur la santé mentale.

Nous vous invitons à découvrir toutes les leçons que recèle ce rapport et à envisager comment celles-ci s’appliquent à votre propre situation. Veuillez vous joindre à nous pour remercier la FAMF et la Fondation Docteur Sadok Besrour pour le financement qui rend possible le programme SCI-COVID Monde.

Sincères salutations,
 

   Dr. Francine Lemire
   Francine Lemire, MD CM, CCMF, FCMF, CAÉ, IAS.A
   Directrice générale et chef de la direction
   Le Collège des médecins de famille du Canada

Dr. David Ponka
David Ponka, MD CM, CCMF(MU), FCMF, MSc
Directeur, Centre Besrour pour la médecine familiale mondiale
Le Collège des médecins de famille du Canada


SCI-COVID Monde : Un aperçu de l’impact

« La moitié de la population mondiale n’a pas accès aux soins primaires de base. Lorsque des maladies curables ne sont pas traitées, des patients, des familles et des communautés entières sont touchées. Les répercussions sont d’autant plus graves durant une crise sanitaire mondiale comme la pandémie de COVID 19. »
Dre Shannon Barkley, responsable technique des soins primaires, Organisation mondiale de la Santé

Peu après la déclaration d’une pandémie mondiale par l’Organisation mondiale de la Santé en 2020, la FAMF et le Centre Besrour pour la médecine familiale mondiale ont reconnu qu’il fallait de toute urgence soutenir l’intervention de la médecine de famille face à la pandémie dans les communautés en péril partout dans le monde. En s’inspirant du programme canadien SCI-COVID, que la FAMF a mis en œuvre avec le généreux soutien de la Fondation AMC, le Centre Besrour a lancé SCI-COVID Monde.

L’objectif est de stimuler les innovations en soins primaires et en médecine de famille afin de réduire l’impact de la COVID-19 sur les communautés vulnérables des pays à faible ou à moyen revenu et d’orienter la planification et le déploiement de la médecine de famille à l’échelle mondiale.

Lors de la phase I de SCI-COVID Monde, deux projets ont chacun reçu un financement de 50 000 $ afin de s’attaquer à des défis liés à la prise en charge des maladies chroniques qui se sont aggravés dans la communauté en raison de la pandémie.

Indonesia mapAceh (Indonésie) : Dr Ichsan Ichsan, un médecin de famille situé à Aceh, en Indonésie, a observé la difficulté de prendre en charge les patients atteints de maladies chroniques vivant dans des régions éloignées et souvent inaccessibles. Avec son équipe, il a mis au point un programme visant à sensibiliser et à soutenir une cellule de travailleurs et travailleuses de la santé communautaire, surtout des femmes, qui travaillent avec les patients et les membres de leur famille afin d’appuyer la prise en charge des maladies dans la communauté.


Africa mapLe Cap (Afrique du Sud) : Dr Klaus von Pressentin et ses collègues de l’Université du Cap et de l’Université de Stellenbosch en Afrique du Sud collaborent avec l’autorité sanitaire Metro Health Services du gouvernement du Cap Occidental au développement d’un programme de santé communautaire qui offre des médicaments, de la sensibilisation et des tests de dépistage contre la COVID 19 dans les quartiers défavorisés. Ils étudient l’impact de ce programme sur les patients atteints de diabète de type 2, une maladie qui touche de nombreux Sud-Africains et les expose à des risques de complications graves de la COVID-19.
 
« Les projets SCI-COVID Monde démontrent l’efficacité avec laquelle le modèle de voisinage médical des patients peut soutenir la continuité des soins dans les communautés où l’accès est entravé par le manque de ressources, les problèmes logistiques et les restrictions liées à la pandémie. Lorsque les systèmes de santé établis ne suffisent pas à satisfaire aux besoins des patients atteints de maladies chroniques, les réseaux communautaires sont des ressources puissantes pour renforcer les capacités et prodiguer les soins. »
Dr Brady Bouchard, président du CMFC, responsable du service de médecine de famille de la zone nord-ouest et responsable du site de la pandémie pour l’Autorité de santé de la Saskatchewan.


Impact d’innovations rapides et réceptives en médecine de famille

Les innovations de Dr Ichsan et de Dr von Pressentin en matière de soins communautaires réduisent l’impact de la COVID 19 en stimulant le changement dans leurs communautés et en renforçant le rôle central de la médecine de famille complète et globale et des soins primaires dans l’intervention mondiale face à la pandémie.

Comme dans les 15 projets de la phase I de SCI-COVID Canada, quatre types d’impact ressortent des projets SCI-COVID Monde :

Co-RIG: Reducing the impact of COVID-19Accélération des innovations dans la pratique : En misant sur le pouvoir de la communauté et des relations de confiance pour fournir des soins, les projets soutiennent le déploiement d’innovations à grande échelle au moyen d’approches efficaces quant aux soins axés sur le patient et de leçons transférables.

Intégration des systèmes : En jetant des ponts entre la médecine de famille, la santé publique et la communauté, les projets aident à fournir des soins complets, globaux et accessibles aux patients et à renforcer les capacités grâce à des initiatives communautaires existantes et à l’expertise en soins primaires.

Renforcement de la continuité des soins : La création d’un réseau de soins à l’intérieur et à l’extérieur de la clinique, qui implique des équipes de soins multidisciplinaires, des leaders communautaires, les patients et leurs familles, favorise la prestation de soins efficaces axés sur les patients.

Amélioration de l’équité : Le programme améliore l’accès aux soins pour les populations les plus vulnérables en temps de crise et leur donne les moyens de jouer un rôle actif dans la prise en charge de leur propre santé en sensibilisant les patients et en leur offrant des soins directement à domicile.
 
« Les programmes SCI-COVID Monde et SCI-COVID Canada renforcent les principes de l’universalité et la valeur de la médecine de famille dans le continuum de soins. Ces projets innovateurs permettent de prodiguer aux patients des soins de haute qualité et empreints de compassion, et d’établir des réseaux solides de fournisseurs de soins à l’intérieur ou à l’extérieur de la clinique. Cela cadre avec les principes fondamentaux du Centre de médecine de famille, que l’on associe également aux soins primaires axés sur la communauté, et du voisinage médical du patient. »
M. Eric Mang, directeur général, Services aux membres et relations externes, CMFC
« Ces programmes sont de puissants exemples de l’importance de poursuivre la pratique de puiser dans les ressources locales pour réagir à une crise. Les interventions menées par la communauté ont le potentiel de devenir la réponse par excellence aux crises sanitaires ou aux catastrophes naturelles qui entravent l’accès au soutien en soins primaires. »
Mme Lynda Redwood Campbell, présidente du Comité consultatif du Centre Besrour pour la médecine familiale mondiale ; directrice de la santé mondiale (études postdoctorales) et professeure, Département de médecine de famille, Université McMaster

Renforcement des soins communautaires en Indonésie

Project Name: A Family Health Cadre Empowerment Program – Aceh, Indonesia Project lead: Dr. Ichsan, Department of Family Medicine, Faculty of Medicine, Universitas Syiah Kuala
« Les membres de la famille et les leaders communautaires ont des relations de confiance bien établies avec les patients. En leur offrant de la formation et la possibilité d’être partenaires dans la prestation des soins aux patients, nous pouvons améliorer la prise en charge des maladies chroniques. Ce processus d’autonomisation change aussi la perspective des gens face à la santé, au bien être et à la médecine familiale. »
Dr Ichsan, chef de projet, médecin de famille, Hôpital et centre de santé publique Prince Nayef, USK, Banda Aceh ; et chercheur, Université Syiah Kuala


L’accès aux soins primaires dans les régions rurales pose des difficultés constantes qui ont été amplifiées par la pandémie de COVID-19 et la disponibilité inéquitable des vaccins. L’état de santé des patients atteints d’une maladie chronique s’aggrave tant en raison de la COVID-19 que de l’accès réduit aux soins.

Grâce au financement du programme SCI-COVID Monde, Dr Ichsan et ses collègues de l’Université Syiah Kuala ont mis sur pied le Programme d’autonomisation par des cellules de santé familiale. Cette initiative vise à établir des ponts entre les médecins de famille et les patients atteints de maladies chroniques qui vivent dans les régions éloignées de la province d’Aceh en Indonésie.

Ce programme répond aux besoins urgents qui découlent de la pandémie et fournit des solutions pratiques à long terme dans le but de renforcer l’accès aux soins primaires pour les patients de milieux à revenu faible ou moyen.

Les coordonnateurs et coordonnatrices de cellules, principalement des femmes, sont formés par des médecins de famille pour soutenir la santé publique dans leur communauté. Ils travaillent avec les membres de la famille et les forment afin qu’ils suivent les symptômes du patient et agissent en tant qu’intermédiaire entre le patient et ses fournisseurs de soins habituels pour assurer une meilleure prise en charge de la maladie.

Le recours au système public « E Health » et les consultations téléphoniques permettent d’accroître l’accès aux soins et de renforcer les liens entre l’équipe soignante et les patients qui vivent loin de la clinique.

Dans un pays où le système de santé publique n’a pas accordé une grande attention aux patients atteints de maladies chroniques, le programme parvient à améliorer la prise en charge de la maladie et à réduire la propagation de la COVID-19 ainsi que le risque qu’elle pose pour la communauté. Lorsque le programme sera déployé à grande échelle en 2023, il viendra en aide à 540 familles de la province d’Aceh aux prises avec la tuberculose, l’hypertension ou le diabète.

Les travaux de Dr Ichsan ont également mené à la création d’un programme de résidence en médecine de famille à l’Université Syiah Kuala dans la province d’Aceh, lequel permettra d’accroître les capacités en soins primaires dans cette région.
 
Empowering Community Care in Indonesia
  • Retombées du projet

    • Meilleure prise en charge de la maladie des patients atteints d’une affection chronique qui sera maintenue après la pandémie
    • Plus grande intégration de la santé publique et des soins primaires
    • Relations consolidées entre les médecins de famille et leurs patients
    • Communautés solidifiées par l’autonomisation des femmes en tant que leaders et proches aidantes
    • Affermissement de la résilience de la communauté à l’égard de la prise en charge des maladies chroniques dans l’éventualité de futures catastrophes
    • Augmentation de la capacité des soins primaires au moyen d’un nouveau programme de résidence à l’Université Syiah Kuala
    • Création d’un programme évolutif fondé sur des données probantes
    • Taux de participation élevé (40 % [18] des médecins de famille de la région d’Aceh ont pris part au programme)

    Un rapport de confiance envers les soins

    Ramli, 62 ans, est atteint de tuberculose. Il vit avec son épouse Indah et leurs enfants dans une communauté rurale de la province d’Aceh, à des heures de route du centre de santé publique le plus proche. L’accès à un mode de transport fiable pour se rendre en ville est un combat permanent. Craignant de contracter la COVID 19, Ramli a cessé de se rendre à ses rendez-vous médicaux mensuels. Comme il ignorait les symptômes d’aggravation de la tuberculose et les effets sur la santé de la prise irrégulière des médicaments, son état s’est rapidement détérioré.

    Une coordonnatrice de cellule du centre de santé publique a communiqué avec Indah et lui a expliqué comment surveiller la maladie de Ramli en plus de lui fournir des ressources pédagogiques à l’appui de ses soins. Grâce à ses nouvelles compétences, Indah a aidé Ramli à prendre correctement ses médicaments, ce qui a évité que la tuberculose ne s’aggrave.

    « Ce projet fascinant a joué un rôle dans l’établissement de notre programme d’études de résidence en médecine de famille, que nous espérons voir démarrer en 2022. Le soutien offert par la FAMF et le Centre Besrour a fortement contribué au lancement du programme. »
    M. Yani, M.Kes, PKK, SpKKLP, chef du programme de résidence en médecine de famille et chef de l’Association des médecins de famille de l’Indonésie, section provinciale d’Aceh

  • Outils utilisés dans le cadre du projet

    « En tant que chef de file dans ma communauté, je suis très emballé par ce projet. Un partenariat entre les médecins de famille, les cellules de santé et les chefs religieux pour résoudre des problèmes liés aux maladies chroniques, cela ne s’est jamais fait auparavant. Le fait d’incorporer des leçons sur la santé à nos discours religieux aidera à sensibiliser notre communauté et à améliorer les comportements sanitaires ainsi que le parcours thérapeutique. Bismillah! »
    TGK, chef religieux dans le district d’Aceh

    community approach
    Démarche communautaire :
    Le modèle de soins communautaires à domicile repose sur les relations existantes entre médecins, patients et membres de la famille. La participation des leaders communautaires à titre de sources d’information essentielles favorise la réussite du programme.


    Recruitment
    Recrutement :
    Des affiches, des brochures et des vidéos, conçues en collaboration avec l’Université Syiah Kuala à Banda Aceh, aident les patients et les cellules, tout en appuyant le recrutement des médecins de famille dans le programme.



    digital
    Numérisation :
    Les coordonnateurs et coordonnatrices de cellules utilisent « E-health », un programme de télécommunication mis en place par l’Association des médecins de famille de l’Indonésie, pour communiquer avec leur équipe de soins primaires. Ils ont aussi recours à des groupes de messagerie par téléphonie cellulaire pour se transmettre de l’information et faciliter les consultations médicales avec les patients.


    Knowledge mobilization
    Mobilisation du savoir :
    Un programme de formation des formateurs assure une démarche uniforme quant à la formation des coordonnateurs et coordonnatrices de cellule, formation qui leur permet d’améliorer leurs compétences en communication, leur perfectionnement professionnel et leur capacité de travailler d’équipe. Le programme peut en outre inspirer d’autres professionnels ou organismes à mettre en place un programme semblable dans leur région ou leur pays.
  • Équipe de projet

    • Chef de projet : Dr Ichsan, Département de médecine de famille, Faculté de médecine, Université Syiah Kuala
    • Mme Amanda Yufika, Département de médecine de famille, Faculté de médecine, Université Syiah Kuala
    • M. Syahrizal, Département de médecine de famille, Faculté de médecine, Université Syiah Kuala
    • Mme Zahratul Aini, Département de médecine de famille, Faculté de médecine, Université Syiah Kuala

Médecine de famille, maladies chroniques et COVID-19 : Renforcement de la prise en charge du diabète en Afrique du Sud


     Project name: Innovations to support people with diabetes in vulnerable communities – Cape Town, South Africa Project Lead: Dr. Klaus von Pressentin, Associate Professor, Division of Family Medicine, School of Public Health and Family Medicine, Faculty of Health Sciences, University of Cape Town
    « Grâce au soutien financier du Centre Besrour, notre équipe a pu prendre le temps de se pencher sur l’incidence de la pandémie de COVID 19 sur les populations vulnérables et d’adopter une approche pédagogique afin de réfléchir et de collaborer à l’optimisation des soins primaires pour ceux qui en ont besoin. »
    Dr Klaus von Pressentin, chef de projet, professeur agrégé, Université du Cap

     

    Au début de la pandémie de COVID 19, l’autorité sanitaire Metro Health Services (MHS) du gouvernement du Cap-Occidental a lancé un programme novateur de santé communautaire dans le but d’atténuer l’impact des maladies chroniques et de la COVID 19 dans les quartiers à faible revenu du Cap.

    Le programme repose sur un réseau de 2 500 travailleurs et travailleuses de la santé en milieu communautaire et permet d’appuyer les ménages touchés par la maladie chronique dans quatre communautés à risque. Le personnel de santé communautaire livre des médicaments préemballés, sensibilise la population à la maladie et à la pandémie, et effectue des tests de dépistage de la COVID 19 au sein des foyers. Ce personnel communique aussi avec les patients lorsque des conseils et du soutien en matière de santé sont requis.

    Parce qu’ils reconnaissaient le potentiel du programme à améliorer la santé des patients, Dr Klaus von Pressentin et ses collègues de l’Université du Cap et de l’Université de Stellenbosch ont étudié les retombées du programme en collaboration avec MHS. Leurs travaux étaient axés sur les patients atteints de diabète de type 2, lesquels constituent un segment important de la population d’Afrique du Sud qui est particulièrement exposé à de sombres pronostics en cas d’infection par la COVID-19.

    L’équipe de recherche a recueilli les commentaires de 269 patients atteints de diabète de type 2 afin d’évaluer les résultats du programme dans son ensemble. Elle s’est renseignée auprès des patients sur le mode d’administration des médicaments, sur leur capacité à prendre eux mêmes en charge le diabète en observant leur posologie et en modifiant leur mode de vie, sur la façon dont le dépistage de la COVID 19 et la sensibilisation à ce sujet ont permis de réduire leurs risques de contracter le virus, et sur l’impact du recours à la technologie lors des consultations.

    Les données et autres contributions font actuellement l’objet d’une analyse visant à évaluer l’impact du programme sur le soutien aux patients dans la prise en charge de leur maladie. L’analyse servira aussi à déterminer le potentiel du programme à optimiser les soins primaires en vue d’améliorer les résultats cliniques au sein des communautés à faible revenu.

    En peu de temps, ce projet novateur a permis de fournir des soins primaires dans des régions jusque-là mal desservies. Les patients sont jumelés à une équipe de travailleurs et travailleuses de la santé et à des cliniques, qui leur fournissent les outils pour prendre en charge eux-mêmes leur maladie. Avec un partenaire tel que MSH, l’évaluation accroît la possibilité de déployer rapidement le projet à l’échelle du Cap, puis de le reproduire dans d’autres régions de l’Afrique du Sud ou à l’étranger. Alors que le monde songe à l’avenir après la pandémie, les leçons apprises peuvent éclairer la planification des mesures d’urgence pour les prochaines crises de santé publique.

    Despistage actif et intervention precoce contre la COVID-19

  • Retombées du projet

    • Réduction de la mortalité et de la morbidité chez les patients atteints du diabète de type 2, y compris une diminution de la neuropathie ainsi qu’une amélioration de la santé cardiovasculaire, rénale et visuelle
    • Établissement d’une méthode novatrice pour optimiser les soins de soutien aux patients vulnérables dans les communautés où l’accès aux soins de santé primaires est déficient
    • Démonstration de la valeur des outils de réseautage numérique afin de mettre les patients en lien avec leur équipe de soins
    • Amélioration des résultats cliniques grâce à un meilleur accès aux médicaments et à des mesures de soutien pédagogiques renforcées, des éléments essentiels aux populations vulnérables présentant des comorbidités multiples
    • Réduction des répercussions de la COVID 19 au sein de ménages ciblés grâce à la sensibilisation et au dépistage fréquent
    • Renforcement de l’importance des services de soutien synergiques en vue de réduire les complications de la COVID 19 chez les patients à risque
    • Facilitation de la prise en charge autonome du diabète chez les patients stables

    Aider Maria à prendre en charge son diabète à domicile

    Maria, 80 ans, est atteinte de diabète de type 2 et souffre constamment en raison d’une neuropathie diabétique. Vivant dans un quartier défavorisé où le transport public était déjà inadéquat avant la pandémie, Maria avait de la difficulté à obtenir ses médicaments de la clinique de santé. Au début de la pandémie, un travailleur de la santé communautaire a commencé à lui rendre visite chaque semaine pour surveiller son diabète, lui apporter ses médicaments, lui offrir des conseils, procéder au dépistage de la COVID 19 dans son foyer et organiser des consultations téléphoniques avec son médecin de famille, au besoin.

    Maria a aussi été invitée à participer à l’évaluation du programme. En suivant les directives de son équipe soignante, Maria est en mesure d’observer sa posologie et d’apporter des changements à son style de vie dans le but d’améliorer la prise en charge du diabète. La sensibilisation à la COVID 19 combinée au dépistage régulier du virus dans son foyer permet de réduire le risque de conséquences graves liées au virus. De plus, Maria est motivée à participer à la recherche pour aider d’autres patients comme elle.

    « Les mesures de confinement liées à la pandémie ont occasionné une réduction soudaine des services de soins de santé primaires au Cap-Occidental. Les services réguliers sont devenus, du jour au lendemain, inaccessibles pour de nombreux patients. Le personnel de santé communautaire a assumé le rôle courageux d’amener les soins de santé au domicile des patients. Ils ont renforcé des aspects de la santé communautaire dans des régions où les soins étaient auparavant inexistants et sont devenus les yeux et les oreilles de la communauté, mettant en lien les patients en quête de soins et les cliniques à proximité. »
    Dre Haneem Salie, médecin de soins primaires à un établissement participant du MHS

  • Outils utilisés dans le cadre du projet

    « La vaste majorité des patients interrogés dans le cadre de l’évaluation vivent dans des conditions socio économiques précaires, exacerbées par des taux de chômage élevés et un accès compromis à des installations sanitaires à domicile. Nombre de ces ménages dépendent de subventions gouvernementales devant servir à nourrir de quatre à six personnes. »
    Mme Li’Tsoanelo Zwane, adjointe à la recherche

    Home delivery of medication
    Livraison des médicaments à domicile :
    En collaboration avec des cliniques de quatre quartiers défavorisés du Cap, 2 500 travailleurs et travailleuses en santé communautaire livrent aux patients des médicaments préemballés pour améliorer l’observation médicamenteuse et protéger les patients de l’exposition à la COVID-19.


    Patient education and counselling
    Sensibilisation et conseils aux patients : Le fait d’aider les patients à comprendre l’importance des modifications comportementales est essentiel pour autonomiser les personnes atteintes de diabète de type 2 ou d’autres maladies chroniques de sorte qu’elles puissent mieux gérer leur médication et apporter les changements nécessaires à leur mode de vie.


    Household COVID-19 screening and testing
    Dépistage de la COVID 19 dans les foyers :
    Le dépistage continu au sein des foyers par le personnel de santé communautaire aide à diagnostiquer rapidement toute infection à la COVID 19, à réduire le risque de transmission et à protéger les patients atteints de diabète, qui sont plus susceptibles de développer une forme grave de la COVID-19.


    Digital health
    Santé numérique :
    Des consultations téléphoniques entre les médecins de famille et les patients, combinées à l’utilisation d’applications numériques telles que WhatsApp, aident les patients à recevoir des soins au moyen de la technologie à leur disposition.



    Evaluation
    Évaluation :
    Des affiches, des communications ciblées par les leaders communautaires et une petite rétribution ont permis de soutenir l’évaluation, le recrutement et la participation des patients grâce à de l’information recueillie par téléphone.
  • Équipe de projet

    • Chef de projet : Dr Klaus von Pressentin, professeur agrégé, Division de la médecine de famille, École de santé publique et de médecine de famille, Faculté des sciences de la santé, Université du Cap
    • Prof. Bob Mash, Division de la médecine de famille, Faculté de médecine et des sciences de la santé, Université de Stellenbosch
    • Dr Neal David, Division de la médecine de famille, École de santé publique et de médecine de famille, Faculté des sciences de la santé, Université du Cap
    • Prof. Graham Bresick, professeur agrégé associé, Division de la médecine de famille, École de santé publique et de médecine de famille, Faculté des sciences de la santé, Université du Cap
    • Mme Natasha Moodaley, gestionnaire de projet de recherche, Faculté des sciences de la santé, Université du Cap
    • M. Deon September, adjoint à la recherche, Division de la médecine de famille, École de santé publique et de médecine de famille, Faculté des sciences de la santé, Université du Cap
    • Mme Li’Tsoanelo Zwane, adjointe à la recherche, Division de la médecine de famille, École de santé publique et de médecine de famille, Faculté des sciences de la santé, Université du Cap
    • Mme Naledi Makhafula, adjointe à la recherche, Division de la médecine de famille, École de santé publique et de médecine de famille, Faculté des sciences de la santé, Université du Cap
    • Dr Omotayo Alaofin, boursier de recherches postdoctorales, Division de la médecine de famille, École de santé publique et de médecine de famille, Faculté des sciences de la santé, Université du Cap
    • Dre Haneem Salie, médecin de soins primaires à un établissement participant, MHS ; chargée de cours, Division de la médecine de famille, École de santé publique et de médecine de famille, Faculté des sciences de la santé, Université du Cap
    • Dre Beverley Schweitzer, médecin de famille à un établissement participant, MHS ; chargée d’enseignement, Division de la médecine de famille, École de santé publique et de médecine de famille, Faculté des sciences de la santé, Université du Cap
    • Dre Leigh Wagner, médecin de famille à un établissement participant, MHS ; chargée d’enseignement, Division de la médecine de famille et des soins primaires, Faculté de médecine et des sciences de la santé, Université de Stellenbosch
    • Dr James Porter, médecin de famille à un établissement participant, MHS ; chargé d’enseignement, Division de la médecine de famille et des soins primaires, Faculté de médecine et des sciences de la santé, Université de Stellenbosch

Phase II de SCI-COVID Monde

Vaccination - Needle - stock photo A doctor gives a life saving shot in the arm to an African in his village.

« Les projets SCI-COVID Monde génèrent des connaissances précieuses qui peuvent être mises en pratique à grande échelle dans divers contextes au pays. En tirant parti du pouvoir de la communauté, les projets SCI-COVID renforcent les soins aux patients et améliorent les résultats de santé. Ces démarches pratiques et économes du point de vue des ressources peuvent être adaptées dans les milieux ruraux et éloignés de pays comme le Canada. »
Marie Dominique Beaulieu, CQ, MD, CMFC, MSc, FCMF, présidente du Comité directeur de la SCI-COVID, professeure émérite, Département de médecine de famille et de médecine d’urgence, Faculté de médecine, Université de Montréal
Un effet d’entraînement se produit lorsque l’on donne à des médecins de famille du monde entier les moyens d’agir grâce à de la formation et à un financement ciblés. Cela permet d’améliorer les résultats de santé pour leurs patients et leurs communautés, ainsi que pour le reste du monde.

Pour l’avenir, le Centre Besrour et ses partenaires sont résolus à travailler avec la communauté mondiale en médecine de famille afin de continuer à stimuler le changement grâce à des innovations qui préparent les médecins de famille et les équipes interprofessionnelles à faire face aux difficultés émergentes liées à la pandémie et à ses effets à long terme.

Le Centre Besrour est fier de lancer, en 2022, la phase II du projet SCI-COVID Monde. Nous mettrons l’accent sur les aspects essentiels de la phase chronique de la pandémie dans les pays à faible et à moyen revenu :
  • S’attaquer aux obstacles dans les communautés mal desservies : Dans bien des régions du monde, les faibles taux de vaccination et les ressources limitées demeurent des obstacles concrets au processus de rétablissement local et mondial de la pandémie de COVID 19. Des initiatives doivent être mises en œuvre pour aborder ces obstacles, améliorer l’équité en matière de santé et renforcer les capacités.
  • Soutenir la santé mentale : Les nouveaux variants et les restrictions supplémentaires aggravent l’impact de la pandémie au delà de la santé physique. L’instabilité causée par l’insécurité financière, le chômage, l’absence de liens sociaux et la difficulté d’accéder aux services de santé fait des ravages sur la santé mentale. Il est très urgent de répondre aux besoins en la matière et de garantir la prestation de ces services en temps voulu.
  • Soutenir les équipes interdisciplinaires de soins primaires : En tant que premier point d’accès aux services de santé, les médecins de famille et les équipes de soins primaires occupent une position unique et contribuent de façon essentielle à répondre aux besoins de santé de la population. Il est crucial de mener des projets qui mettent en place un réseau de soins efficace.

Nous prévoyons de lancer les projets SCI-COVID Monde de la phase II en 2022. Consultez le site Web du Centre Besrour pour obtenir plus d’information.

« Depuis le début de 2020, de nombreux pays à faible et à moyen revenu ont de la difficulté à s’occuper des patients atteints de la COVID 19. Cet état de fait n’est pas surprenant, car leurs systèmes de santé, déjà à rude épreuve, sont touchés par la fragilité des systèmes financiers, économiques et de transport qui contribue aux iniquités mondiales dans la distribution des vaccins et l’accès à la vaccination. Le programme SCI-COVID Monde emploie une démarche pragmatique et innovatrice dans le but de renforcer l’équité en matière de santé et d’améliorer les soins aux patients par le recours aux capacités de soins primaires déjà existants, leur renforcement et leur intégration. Cette base solide permettra de s’attaquer à la crise à court terme, tout en développant une résilience et une durabilité à long terme pour l’avenir. »
Dre Janet Hatcher Roberts, co-directrice, Centre collaborateur de l’OMS pour la transmission des connaissances, Évaluation de la technologie pour l’équité en santé, Institut de recherche Bruyère, Université d’Ottawa ; professeure associée, École d’épidémiologie et de santé publique, Université d’Ottawa ; professeure associée, Département de médecine communautaire et d’épidémiologie, Centre pour la santé mondiale, Université Dalhousie

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